Recrutement à La Foir’Fouille : un atelier collaboratif pour révéler les talents cachés


Pour l’ouverture de son nouveau magasin à Saint-Benoit, l’enseigne La Foir’Fouille a fait appel à France Travail. Afin d’assurer un recrutement de qualité, la psychologue du travail a travaillé les compétences relationnelles lors d’un atelier pour redynamiser les candidatures de demandeurs d’emploi éloignés du marché du travail.

A La Réunion, la chaîne de magasins de décoration La Foir’Fouille s’est récemment implantée dans la commune de Saint-Benoît. Une ouverture, la sixième dans le département, qui n’a pas été de tout repos pour Claudie Noël, secrétaire générale du groupe Nihad ADAME qui exploite l’enseigne dans le département : « Depuis la période du Covid, il y a un turn over important. On a du mal à recruter. » À la recherche de vendeurs stockistes et de caissiers, le groupe ADAME s’est tourné vers France Travail pour recevoir un coup de pouce dans leur recrutement.

Un challenge de taille pour Rémy Etty, conseiller entreprise de l’agence France Travail de Saint-Leu : « La Réunion est une des régions françaises avec le taux de chômage le plus élevé et plusieurs secteurs en tension. Et sans voiture, c’est compliqué de se déplacer sur l’île. » Pour aider La Foir’Fouille, France Travail a organisé des recrutements dans les communes alentours et a mobilisé aussi bien conseillers que psychologues du travail en organisant un atelier destiné à préparer des demandeurs d’emploi isolés.

Un travail partenarial de longue date

Sur l’île, l’enseigne collabore avec France Travail depuis 2018 lors de l’ouverture du magasin de Saint-Leu alors même que la chaîne de magasin était en redressement judiciaire. Mais suite à cette première collaboration, le magasin de Saint-Leu a réussi l’exploit de se classer comme premier établissement Foir’Fouille de France. Une réussite qui a incité Claudie Noël à faire à nouveau appel aux services de France Travail. « France Travail connaît nos attentes et présélectionne les candidats pour nous, ce qui représente 50 % de nos tâches sur les recrutements », assure-t-elle.

Si la politique de la société est de donner la chance aux jeunes et aux demandeurs d’emploi motivés, les candidats se sont raréfiés ces dernières années « Quand on lance une offre, il faut attendre plus qu’avant pour avoir des retours et certains candidats ne viennent pas en entretien », déplore Claudie Noël. L’entreprise s’est donc adaptée en élargissant ses critères. « On ne demande pas de diplôme ou d’expérience. En entretien, on va surtout s’intéresser à la motivation et au comportement du candidat », explique-t-elle.

Afin de réaliser la présélection des candidats, Rémy Etty s’est concentré sur les savoir-être lors du sourcing. « Les savoir-être sont essentiels. Cela permet de voir si un profil a une motivation sans faille et est prêt à s’investir pleinement, souligne le conseiller entreprise. Les recruteurs se concentrent sur l’envie de grandir dans l’entreprise chez les candidats. » Parmi les soft skills recherchés : la capacité à se présenter pour représenter l’enseigne, la mise en valeur de ses réussites et le travail d’équipe.

Un atelier pour redynamiser les candidatures

Une fois les 30 candidats présélectionnés, ceux-ci ont participé à un atelier organisé par la psychologue du travail Marie-Noëlle Thélu et les conseillers de l’agence de Saint-Benoît. Cet atelier avait pour objectif d’aider les demandeurs d’emploi de longue durée à mieux se présenter auprès des recruteurs. « Certains candidats n’ont pas travaillé depuis longtemps. Il fallait faire un travail de fond sur la présentation de soi et l'argumentaire déployé », explique la psychologue du travail. Selon elle, l’ouverture du magasin est une aubaine pour l’Est de l’île qui se développe petit à petit, notamment le bassin de Saint-Benoît.

Concrètement, l’atelier a été pensé pour être interactif, tout en évitant une configuration scolaire, et reposait sur le concept d’intelligence collective. « Quand les candidats ont une idée, on la développe en groupe. Prendre la parole en groupe les aide à se rendre compte de leurs propres capacités », affirme Marie-Noëlle Thélu. La prise de conscience des compétences relationnelles était donc au cœur du dispositif, notamment pour les demandeurs d’emploi de longue durée qui ont pu perdre les codes de la présentation en entreprise. « L’idée était de redynamiser leur candidature en travaillant les éléments à valoriser durant l’entretien ainsi que leur posture professionnelle, résume-t-elle. Quand ils sortent de l’atelier, les candidats ont un argumentaire solide et peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. » 

Une préparation qui assure un recrutement de qualité

Une fois les facultés et compétences relationnelles travaillées grâce à l’atelier organisé par les psychologues du travail, les recrutements à venir ont pu être sécurisés et assurés d’être qualitatifs. « Nous avons eu 90 % de présents à cet atelier : 27 candidats ont participé sur les 30 qui ont été convoqués », s’enthousiasme la psychologue du travail. Après l’atelier, les demandeurs d’emploi ont pu passer les entretiens individuels avec l’entreprise. « L’entreprise a dû faire des choix en fonction de ses besoins mais globalement les retours étaient très positifs. Elle était satisfaite de cette opération », insiste Rémy Etty. Les dix candidats retenus lors des entretiens sont ensuite entrés en formation en passant par une Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle (POEI) de deux mois avant d’être officiellement recrutés. Le dispositif a permis de former en amont le personnel pour l’ouverture du nouveau magasin, ce qui a offert un laps de temps non négligeable à l’entreprise pour réaliser des réglages avec certains candidats. En tout, neuf candidats ont été embauchés en CDD dans un premier temps. « La POEI s’est très bien passée et les candidats ont pu découvrir le fonctionnement et la politique de l’entreprise », confirme Claudie Noël.